Publié le 1 décembre 2022

15 ans et après ?

Ce n’est plus tout à fait un scoop !

Notre directrice-fondatrice Cécile Dublanche a choisi de partir le 28 juin 2022, jour de l’assemblée générale, après les échanges sur la future politique de la ville et une rétrospective bien riche des 15 ans de Villes au Carré…

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Une fois n’est pas coutume, voici à l’heure du départ, son premier portrait publié sur notre site internet… pour les curieux qui ne pourraient pas venir et la mémoire de notre centre de ressources.

Comment est venue ta vocation pour être directrice de V2 ?

Je suis passionnée depuis toujours par la revitalisation des territoires fragiles et le soutien de la capacité à agir ensemble des élu·es, des professionnel·les, de la société civile. Je me suis engagée dans cette aventure pour répondre à celles et ceux qui cherchent des solutions durables dans les quartiers de la politique de la ville, les villes petites et moyennes, les ruralités.
Je ne vais pas faire ici l’histoire (passionnante et riche) de Villes au Carré, on en parlera lors de la rétrospective avec Bernard Bensoussan, fondateur de Voix Publiques, le 28 juin.

En bref, j’ai eu la chance d’être missionnée par Yves Dauge (alors président du Réseau des villes et des communautés du Centre), Michel Lussault (alors président de l’université de Tours), Michel Didier (alors chargé de mission à la DIV – devenue ANCT depuis) et une coalition d’acteurs publics pour prendre la direction de ce qui allait devenir Villes au Carré, sur les régions Centre et Poitou-Charentes.

J’ai pensé que c’était l’occasion de créer une structure qui pourrait aider les chef·fes de projet, les élu·es, les partenaires, les associations pour mener les projets ambitieux de transformation urbaine et sociale des quartiers populaires… celle qui nous avait manqué à Blois quand j’étais cheffe de projet contrat de ville et directrice du PRU des quartiers Nord.

Et cette structure allait au-delà de la politique de la ville puisque le projet visait aussi les villes petites et moyennes à la demande du conseil régional du Centre. La mission a été plus ambitieuse, plus passionnante, avec la dimension universitaire et prospective portée par des fondateurs visionnaires, la création d’un comité d’orientation scientifique et les travaux menés avec les chercheurs, de nombreux expert·es et consultant·es. Et aussi le lien avec le niveau national l’ANCT, les opérateurs et les réseaux nationaux et surtout le réseau national des centres de ressources politique de la ville.

C’est quoi la mission de directrice à Villes au Carré ?

Je porte à la fois la stratégie de l’association et le développement des partenariats, l’exploration de sujets émergeants comme l’égalité femmes-hommes ou les démarches territoriales de transitions. Je suis à la fois chargée de l’animation générale d’une équipe de 10 personnes et je prends part directement à plusieurs projets ou expérimentations sur le terrain.

J’ai pu le faire grâce à la confiance du bureau, de notre président Jean-Patrick Gille depuis 13 ans, de Brigitte Jallet fondatrice pour l’USH et trésorière depuis le début et nos vice-présidents dont Abdelillah Hamdouch depuis 2015. Depuis 6 ans j’ai été bien secondée par Marie-Noëlle Pinson, directrice adjointe et depuis 4 ans par Hélène Dugué, responsable administrative et de gestion. Depuis la création nous avons bénéficié de la fidélité de nos financeurs-fondateurs – Etat (ANCT, Préfecture de région et DREETS), conseil régional CVL, Banque des territoires – et de nos adhérents, plus particulièrement les collectivités.

Directrice, c’est à la fois une aventure professionnelle et humaine, individuelle et très collective dans un réseau comme Villes au Carré. Compte-tenu des sujets de société complexes à travailler, des nombreuses transformations des politiques publiques et des structures partenaires, des crises de 2008 ou de la covid…  Cela n’a pas été une navigation sur un long fleuve tranquille. Ce qui est sûr c’est que je ne me suis jamais ennuyée!

Qu’est-ce qui t’a motivée toutes ces années ?

Apprendre, rencontrer, découvrir, inventer… tous les jours ou presque.

Évoluer tant sur le plan professionnel que personnel : les métiers ont beaucoup changé. Les sujets des inégalités, des territoires fragiles, du dérèglement climatique sont très interpellants. En quelque sorte, il fallait faire avancer les connaissances pour manager des programmes complexes en les rendant plus accessibles.

J’ai apprécié une certaine autonomie dans un cadre partagé et le soutien sans faille du bureau. J’ai été contente de recruter plusieurs personnes et de nombreux stagiaires ou apprenti·es, pour donner une chance à d’autres de découvrir les métiers de la ville, s’accomplir dans une association porteuse de sens, de générer de l’activité économique, malgré les défis récurrents des financements. Les résultats des 15 ans ont bien sûr été obtenus grâce à la forte mobilisation de équipe qui a évoluée au fil du temps.

Tes meilleurs souvenirs ?

Ils sont si nombreux! On peut les retrouver dans nos 14 rapports d’activités sur Cosoter qui retracent selon les années nos actions menées. Il y en a pour tous les goûts et centres d’intérêt.

La période de création a été foisonnante et passionnante, un côté far-west, car il fallait délimiter son terrain de jeu (qui a bougé avec la loi NOTRe) et nos champs d’intervention. Ils ont été élargis et sont plus stabilisés depuis seulement 3 ans.

La découverte des compétences du 21ème siècle avec les usages numériques qui ont transformé nos métiers. Un grand merci à mes parrains experts : Jacques Quentin pour la documentation (le père de Cosoter) et Jean-Louis Schaff sur les usages numériques collaboratifs. Ils m’ont aidée à structurer l’association de manière innovante (à distance et hors les murs) et de transposer cette expertise au réseau national des centres de ressources, puis au réseau des pionniers en alliance du Rameau.

L’exploration de grands sujets très nouveaux pour moi : les villes petites et moyennes (merci Yves Dauge, Christophe Demazière, Dominique Royoux, Abdelillah Hamdouch), l’égalité femmes-hommes (merci Sylvette Denèfle, Claudy Vouhé, Isabelle Guéguen et Nadia Bensrhayar), la démocratie permanente et les transitions écologiques et sociale (merci Charles Fournier et Solène Benoit-Hernandez, Bernard Bensoussan sur la participation citoyenne), la coopération (merci Michel Adam, Philippe Clément, Anne et Patrick Beauvillard), l’innovation (merci Pierre d’Huy, Abdelillah Hamdouch, Charles-Benoit Heidsieck, Thierry du Bouetiez)… 
et tant d’autres sujets, tant d’autres expert·es sur la politique de la ville au sens large…

Et ce que j’ai aussi aimé c’était de rencontrer des acteurs de terrain engagés comme l’autre jour à Mainvilliers, de mettre en relation des personnes pour engager de nouvelles opportunités, de repérer des initiatives inspirantes, de donner des conseils pour avancer mieux et plus vite, d’expliquer la politique de la ville aux conseils citoyens… ça a fini par me manquer dans la fonction de direction.

Alors pourquoi partir ?

Après 15 ans, j’ai l’impression d’avoir rempli ma mission au mieux, personne ne se pose plus la question des débuts : le centre de ressources est-il utile ? Faut-il le créer ?

Ce centre est devenu un vrai catalyseur d’énergie et de compétences comme le préconisait Michel Lussault.

Le temps est venu de passer le flambeau à d’autres qui sauront à leur tour inventer la prochaine trajectoire.
Et pour moi de prendre du recul, de tirer des enseignements de ces années très riches, de prendre du temps personnel et pour ma vie de famille… puis d’ouvrir de nouvelles perspectives, de nouveaux projets dans le domaine des transitions. 

C’est un choix de vie… avec l’idée de travailler autrement sur les choix des villes, nécessaires pour accélérer les transitions.

Je ressens une immense gratitude pour celles et ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont tant appris, je compte bien rester en contact.

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